| Résumé analytique | ||
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Dans le but de préparer pleinement l’enfant à avoir une insertion harmonieuse dans la société, et de l’élever dans un esprit des idéaux proclamés par la charte des Nations Unies, en particulier dans un esprit de paix, de dignité, de tolérance, de liberté, d’égalité et de solidarité, la Convention relative aux Droits de l’enfant a été adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies dans sa résolution N° 44/25 du 20 novembre 1989. Cette convention a été ratifiée par les pays et notamment par le Cameroun. C’est dans la perspective de mesurer les efforts fournir par le Gouvernement Camerounais en faveur des enfants de la province de l’Adamaoua que l’Enquête de Base a été réalisée. Cette enquête avait pour objectifs de fournir des indicateurs de référence dans cette province retenue comme zone de convergence dans le cadre du Programme de Coopération Cameroun-UNICEF 2003-2007. Sa réalisation a permis de disposer des données fiables pour la mise en place des jalons d’un dispositif de mise en œuvre et de monitoring des programmes en faveur des enfants et des femmes que l’UNICEF appui dans l’Adamaoua. Les indicateurs issus de cette importante investigation sont dans leur majorité représentatifs au niveau provincial, des milieux urbain et rural, des départements et pour certains au niveau des arrondissements.
Survie des parents Dans la province de l’Adamaoua, 87% d’enfants âgés de moins de 15 ans ont les deux parents en vie, 10% sont orphelins d’un des parents biologiques et 3% ont les deux parents décédés. Par ailleurs, 59% d’enfants ont la chance de vivre avec leurs deux parents biologiques, 20% vivent avec l’un des deux parents. Les enfants qui ne vivent avec aucun des parents biologiques représentent 21% de l’échantillon. Les résultats permettent de constater qu’il y a très peu d’enfants orphelins des deux parents (3,3%), alors que la proportion d’enfants vivant loin des parents biologiques (20,6%) est élevée dans l’Adamaoua. Ceci pourrait illustrer l’importance de la pratique du « confiage » des enfants. Education Dans l’ensemble, 57% de la population âgée de 3 à 18 ans de la province de l’Adamaoua a fréquenté une école au cours de l’année scolaire 2002-2003. Les filles ont moins de chance que les garçons d’aller à l’école. Une fille sur deux (51%) en âge de fréquenter a effectivement été à l’école. Cette proportion est presque de deux sur trois (63%) chez les garçons. De plus, seulement un peu plus d’un enfant sur quatre (26%) qui entre en première année de l’école primaire atteint, en définitive, la cinquième année. Le taux de redoublement à l’école primaire pour l’ensemble de la province est de 25%. Ce taux est plus élevé (30%) pour les enfants qui ne résident avec aucun parent biologique que pour ceux qui vivent avec l’un des parents ou les deux (23%). Par rapport à la classe fréquentée, le taux de redoublement est plus élevé à la SIL (31%) que dans les autres classes. Les résultats montrent par ailleurs que seuls 41% d’enfants ont le livre de lecture alors que 26% ont le livre de mathématiques ; ces livres constituent pourtant la base d’apprentissage de la lecture et du calcul. Enregistrement à l’état civil L’enquête de base a permis de relever que parmi les enfants nés au cours des 18 dernières années, seuls 60% ont été enregistrés à l’état civil. Les résultats révèlent un important écart d’enregistrement des naissances entre le milieu rural (50%) et le milieu urbain (71%). Travail des enfants Les résultats de l’Enquête de Base relèvent que 41% d’enfants de 5-14 ans de la province de l’Adamaoua peuvent être considérés comme travailleurs. Dans la population de 10 à 14 ans, un enfant sur deux est travailleur. Cette proportion est de 33% (un enfant sur trois) pour les enfants âgés de 5 à 9 ans. La différence entre les garçons et les filles n’est pas significative. Par contre, le standing de vie des ménages et le milieu de résidence influencent le travail des enfants (qui pourrait apparaître comme une stratégie familiale de survie). En effet, les enfants des ménages les plus pauvres sont plus exposés (45%) au travail que ceux des ménages plus aisés (33%). De même, ceux du milieu rural sont plus impliqués dans le travail (47%) que ceux du milieu urbain (36%) Eau et assainissement Dans la province de l’Adamaoua, moins de la moitié des ménages ont accès à l’eau potable (46,7%) et c’est plus en milieu urbain qu’on trouve des ménages qui consomment de l’eau potable ; cependant cette proportion n’atteint pas 60%. En milieu rural, 36,8% seulement des ménages consomment de l’eau potable. Il serait important de noter qu’un seul ménage sur trois dans le Faro et Déo a accès à l’eau potable. Malnutrition La situation nutritionnelle des enfants de moins de cinq ans est préoccupante dans l’Adamaoua. En effet, selon les résultats de l’enquête, 30,9% des enfants souffrent de malnutrition chronique (leur taille-pour-âge se situe à moins deux écarts-type en dessous de la médiane de la population de référence) et plus de 2 enfants sur cinq parmi eux (12,5%) souffrent de malnutrition chronique sévère (leur taille-pour-âge se situe à moins trois écarts-type en dessous de la médiane de la population de référence). Ces proportions sont beaucoup plus élevées que celles que l’on s’attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie, à savoir, 2,3% à moins 2 écarts-type et 0,1% à moins 3 écarts-type en dessous de la médiane de référence. S’agissant de l’émaciation ou de la malnutrition aiguë, celle-ci frappe 6,8% d’enfants de moins de cinq ans et 1% souffrent de ce type de malnutrition sous sa forme sévère. Ces proportions reflètent non seulement une situation alimentaire et nutritionnelle préoccupante mais aussi la persistance des pratiques inappropriées d’alimentation des enfants. La proportion d’enfants atteints d’émaciation dans l’Adamaoua est 2,9 fois plus élevée que celle que l’on s’attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (2,3%) et 10 fois plus élevée pour la forme sévère de l’émaciation (0,1%) . Les résultats révèlent par ailleurs que, 17,9% d’enfants de moins de cinq ans dans l’Adamaoua présentent une insuffisance pondérale modérée et 4,4% d’enfants sous sa forme sévère. Ces résultats permettent de dire sans risque d’erreur que la situation de l’Adamaoua est inquiétante puisque les niveaux observés sont largement supérieurs à ceux que l’on s’attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (respectivement 2,3% et 0,1%). Allaitement Les données collectées indiquent que 94% d’enfants ont été allaités dont 95,2% en milieu rural et 92,5% en zone urbaine. L’enquête révèle cependant que seuls 34% des nouveau-nés ont été mis au sein immédiatement (au cours de la première heure suivant la naissance) et, globalement 64,1% d’enfants ont reçu le lait maternel le premier jour alors que 35,9% d’enfants n’en ont reçu qu’après les premières vingt quatre heures. Ces derniers enfants sont ainsi exposés à des risques accrus de maladies. Par ailleurs, les résultats de l’enquête montrent que, même lorsque les enfants sont mis au sein très tôt, certaines mères évitent de leur donner le liquide jaunâtre qui sort des seins. Ainsi, au cours des trois premiers jours ayant suivi la naissance, seuls 73,5% d’enfants de moins de trois ans ont reçu le colostrum. Couverture vaccinale Parmi les enfants de 12-23 mois de la province de l’Adamaoua, seuls 30,6% ont été complètement vaccinés contre les maladies cibles du PEV et, à l’opposé, 12,6 % n’ont reçu aucune des vaccinations. C’est dire que 56,8% des enfants de 12-23 mois n’ont été que partiellement vaccinés. Infections respiratoires aiguës En moyenne, 7,1% d’enfants de moins de 5 ans vivant dans l’Adamaoua ont souffert d’une infection respiratoire. Sur dix enfants ayant souffert de telles infections au cours des deux dernières semaines ayant précédé cette enquête, seulement trois d’entre eux ont été conduits à l’hôpital. Diarrhée Presque 7,3% d’enfants de moins de 5 ans vivant dans l’Adamaoua ont souffert d’une maladie diarrhéique au cours des deux dernières semaines précédent l’enquête. De tous les enfants qui ont souffert des maladies diarrhéiques au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête, environ deux sur cinq ont été conduits à l’hôpital ; un peu plus les enfants du milieu urbain (44,3%) que ceux du milieu rural (34,9%). Environ 34,4% d’entre eux ont reçu plus de liquides que d’habitude, 29,1% ont reçu presque la même quantité de liquides et 22,2% en ont reçu moins qu’avant la diarrhée. Environ 15% de ces enfants ont reçu une solution de réhydratation orale (SRO) pendant leur épisode de diarrhée et 5% ont reçu une solution salée sucrée (SSS). La faible proportion d’enfants ayant reçu de la SRO pourrait s’expliquer par la faible proportion des femmes sachant préparer une SRO (18,6%) bien qu’une mère sur quatre déclare avoir déjà essayé d’utiliser la SRO pour soigner la diarrhée. Par ailleurs, plus de la moitié (51,0%) d’entre eux ont consommé une quantité de nourriture inférieure à la quantité habituelle alors qu’un peu plus de trois sur dix ont consommé à peu près la même quantité de nourriture. Seulement 12% en moyenne de ces enfants malades ont reçu un peu plus de nourriture que d’habitude. Fièvre/Paludisme Environ 14,6% d’enfants de moins de 5 ans vivant dans l’Adamaoua ont présenté des symptômes de paludisme ou ont eu une fièvre au cours des deux dernières semaines précédent l’enquête et 34,9% d’entre eux ont été conduits à l’hôpital. A peu près trois enfants sur quatre (70,8%) de ceux ayant eu la fièvre ou le paludisme ont pris des médicaments pendant la maladie et 17,7% en ont pris avant d’être conduits à l’hôpital. Mortalité des enfants La méthode utilisée pour estimer la mortalité des enfants dans l’Adamaoua était basée sur les décès des douze derniers mois ayant précédés l’enquête. Ce qui a permis d’obtenir les indicateurs de mortalité sur une période récente s’étalant en moyenne d’avril 2002 à mars 2003. Les résultats indiquent que dans l’ensemble, la mortalité des enfants dans l’Adamaoua est encore très élevée. En effet, sur 1000 enfants pris à la naissance, 89 n’atteindront pas leur premier anniversaire. Parmi ceux ayant atteint le premier anniversaire, 121 enfants sur 1000 meurent avant d’atteindre leur cinquième anniversaire. Globalement, 209 enfants sur 1000 meurent entre la naissance et le cinquième anniversaire. Consommation du sel iodé dans les ménages Environ 79,3% des ménages de la province utilise du sel iodé de façon adéquate. Suivant le milieu de résidence, 80,8% des ménages urbains ont un sel iodé contre 78,1% en milieu rural. Suivant les départements, la proportion la plus faible est de 75,4% dans le Mbéré alors que la plus élevée est de 84,9% pour le Mayo Banyo. Soins prénatals Plus de deux femmes sur trois (71%) en âge de procréer (15-49 ans) ayant eu une dernière grossesse au cours des cinq dernières années ont effectué des consultations prénatales. Plus la femme est jeune, plus elle a tendance à effectuer les consultations prénatales. Un peu plus d’une femme sur deux (56%) seulement dont l’âge est compris entre 45-59 ans a effectué des consultations prénatales contre près de trois femmes sur quatre (74%) chez les plus jeunes de 15-19 ans. Quant au personnel consulté, 9% de femmes enceintes ont consulté un médecin, une femme sur deux (51%) a consulté un infirmier ou une infirmière et moins d’une femme sur 10 (8%) une sage femme. Par ailleurs, environ quatre femmes sur cinq (77%) de celles qui ont été en consultations prénatales ont effectué leur première consultation avant 6 mois de grossesse, et environ une femme sur cinq (19%) a fait sa première consultation prénatale après 6 mois de grossesse. Parmi les femmes ayant eu une grossesse au cours des cinq dernières années, quatre sur cinq (80%) ont déclaré avoir reçu le vaccin anti-tétanique. Environ 57% en sont protégées complètement dans la mesure où elles ont déclaré avoir reçu au moins deux doses d’anatoxine tétanique, alors que près de 24% en ont reçu une seule dose. Lieu d’accouchement et soins post partum L’enquête de base révèle que moins de la moitié de femmes (46%) accouchent dans les centres de santé appropriés. Parmi les femmes de 15 à 49 ans ayant accouché, 39% ont déclaré avoir effectué la visite post-natale qui a lieu deux semaines après l’accouchement. Par ailleurs, 21% de femmes ont déclaré avoir reçu une capsule de vitamine A après l’accouchement. Planification familiale L’enquête révèle que le niveau de connaissance des méthodes contraceptives est suffisamment élevé dans la province de l’Adamaoua bien que les hommes connaissent mieux ces méthodes que les femmes. En effet, 75% de la population féminine contre 89% de la population masculine de la province ont déclaré connaître au moins une méthode contraceptive. Cependant, seulement, environ une femme sur trois (28%) et deux hommes sur cinq (42%) ont déjà utilisé au moins une méthode contraceptive dans leur vie. De manière spécifique, un homme sur quatre (25%) et une femme sur huit (13%) ont également déjà utilisé une méthode moderne. La pratique actuelle ou pratique du moment est encore plus faible. En effet, 20% de femmes et 36% d’hommes utilisent actuellement au moins une méthode contraceptive. Le taux d’utilisation actuelle des méthodes contraceptives modernes n’est que de 8% chez les femmes contre 19% chez les hommes. Dans la province de l’Adamaoua, les populations sont assez informées sur le Sida. Les hommes (95%) ont relativement plus entendu parler du Sida que les femmes (87%). De façon globale, la radio constitue la principale source d’information par laquelle les femmes de la province ont le plus entendu parler du Sida (47%), suivie des amis (44%), puis du personnel de santé (19%), de la télévision (18%), de l’église ou mosquée (9%) et enfin des parents (9%). On remarque que très peu de femmes ont entendu parler du Sida à travers les journaux (4%), les associations (5%), les affiches (6%) ou leur partenaire (6%). Par ailleurs chez les hommes, la radio est toujours la principale source d’information sur le Sida (64%), suivie des amis (41%), ensuite de la télévision (29%), du personnel de santé (20%), de l’église ou la mosquée (20%), de l’école (16%), des journaux (13%) et des affiches (13%). Presque aucun homme n’a entendu parler du Sida de sa partenaire (0,6%). On peut donc dire que dans l’Adamaoua, le sujet du Sida n’est presque pas abordé au sein du couple. Les données de l’enquête révèlent que dans la province, presque quatre hommes sur cinq (77%) savent qu’on peut faire quelque chose pour éviter de contracter le VIH alors que environ deux femmes sur cinq seulement (44%) le savent. Une bonne partie de la population masculine de l’Adamaoua a affirmé qu’on peut se protéger du sida en ayant un seul partenaire fidèle (64%), en s’abstenant complètement des rapports sexuels (59%) ou en utilisant le condom chaque fois qu’on a des rapports sexuels (53%). En outre, environ 40% d’hommes ont déclaré que l’on ne peut pas contracter le virus du sida par les piqûres des moustiques, 57% ont déclaré que l’on ne peut pas le contracter en partageant la nourriture d’une personne atteinte du sida, tandis que 51% ont déclaré que l’on ne peut pas le contracter par envoûtement ou par sorcellerie. Les résultats de l’enquête montrent que dans la province, plus d’un homme sur deux (52%) et environ une femme sur trois (34%) pensent qu’il est possible qu’une personne apparemment en bonne santé porte le virus du Sida. Plus de deux femmes sur trois (67%) et environ quatre hommes sur cinq (78%) savent que le Sida est une maladie incurable. Environ trois hommes sur cinq (58%) et presque une femme sur deux (47%) savent qu’une femme peut transmettre le virus du Sida à son enfant. Un homme sur deux (50%) et deux femmes sur cinq (41%) pensent que le Sida se transmet de la mère à l’enfant durant la grossesse ; près de deux hommes sur cinq (39%) et environ une femme sur trois (32%) savent que le Sida peut se transmettre de la maman à l’enfant pendant l’accouchement ; enfin un homme sur trois (33%) et trois femmes sur dix (30%) savent également que le Sida peut se transmettre de la mère à l’enfant pendant l’allaitement. Dans l’ensemble, 58% et 21% de femmes pensent respectivement qu’une personne infectée par le VIH devrait communiquer son état de santé à toute la communauté et garder son état secret alors que 8% de femmes ne se prononcent pas. Les hommes sont plus favorables que les femmes (28%) à ce que les malades du Sida gardent leur état de santé secret et a peu près comme chez les femmes, 63% d’hommes pensent que le sidéen devrait communiquer son état de santé à la communauté. Plus que les femmes (49%), les hommes (63%) de la province sont plus disposés à vivre avec des personnes infectées du VIH. Plus d’une femme sur trois pense (35%) qu’une personne atteinte du Sida peut continuer à travailler tandis qu’environ la même proportion (36%) estime qu’une telle personne ne devrait plus continuer à travailler ; presque deux hommes sur cinq (39%) sont d’avis qu’une personne atteinte du Sida peut continuer à travailler et un peu moins de la moitié d’hommes (46%) pense le contraire. Dans la province de l’Adamaoua, 8% de femmes et environ 10% d’hommes ont déjà effectué le test du VIH, 45% ont l’intention d’effectuer le test de dépistage mais seulement 23 % savent où aller l’effectuer. Chez les hommes, 52% ont l’intention de connaître leur statut sérologique, mais seulement 44% connaissent un centre de dépistage. |
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