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| PROJET DE CARTE DE PAUVRETE AU CAMEROUN | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Draft - MARS 2003 3.4 Dissémination des produits
I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION Après l’exécution satisfaisante entre 1997 et 2000 du premier programme économique et financier triennal appuyé par une facilité d’ajustement structurel renforcée (FASR) du Fonds Monétaire International (FMI), les autorités camerounaises ont conclu en décembre 2000 un second programme couvrant la période octobre 2000 – septembre 2003. Ce nouveau programme dit de seconde génération vise le renforcement des acquis et la poursuite des efforts pour la promotion d’une croissance économique forte et de qualité. Il est également soutenu par une facilité pour la croissance et la réduction de la pauvreté mise en place par le FMI. Dans le cadre de ce nouveau programme triennal, les autorités camerounaises viennent de finaliser le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) dont une version intérimaire a été adoptée en août 2000. Ce document va être soumis aux conseils d’administration du FMI et de la Banque Mondiale. S’il est accepté par ces deux instances, sa mise en œuvre de manière satisfaisante pendant un an va permettre au Cameroun d’atteindre le point d’achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE) et donc de bénéficier d’une réduction substantielle du stock de sa dette extérieure. Outre le diagnostic de la situation socio-économique et l’analyse des causes et déterminants de la pauvreté, le DSRP comprend une série de mesures qui visent à promouvoir une croissance économique forte et de qualité, et à réduire la pauvreté. Il présente par ailleurs des objectifs chiffrés pour lesquels l’appareil statistique national, à travers la production et la diffusion des indicateurs appropriés, doit aider à la formulation, au suivi et à l’évaluation. Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de réduction de la pauvreté, le Gouvernement à travers le volet « dispositif de suivi et d’évaluation » du DSRP, s’engage à mettre en place un système d’informations sur la pauvreté qui tienne compte des carences du système d’information actuel sur la pauvreté. Ce système d’information vise à fournir à bonne date une plate forme commune d’informations aux pouvoirs publics, au secteur privé, aux partenaires au développement et à la société civile pour (i) permettre un bon pilotage des actions de réduction de la pauvreté, (ii) mesurer les résultats obtenus et leurs impacts sur les groupes cibles, (iii) obtenir grâce à la transparence de l’information, l’adhésion de ceux qui sont concernés par ces actions et (iv) prendre des mesures correctives jugées nécessaires. Le suivi/évaluation des actions de réduction de la pauvreté concerne la réalisation de l’ensemble des actions identifiées et inscrites dans le programme de réduction de la pauvreté. Le dispositif à mettre en place permettra de fournir à tous les intervenants les informations sur la réalisation physico financier des projets et programmes, sur l’atteinte des objectifs initiaux et sur le degré de satisfaction des usagers. Ce type de suivi sera développé dans le cadre de l’approche participative qui implique les autorités administratives et politiques, le secteur privé, la société civile, les bailleurs de fonds et les donateurs, ainsi que les bénéficiaires eux-mêmes. Le suivi/évaluation des progrès accomplis dont l’objectif est de suivre régulièrement l’évolution du phénomène de pauvreté en termes monétaires et de conditions de vie exige des informations pertinentes sur les différentes dimensions du phénomène pour permettre aux décideurs de savoir quelles actions mettre en œuvre et en faveur de quels groupes de population. A cet effet, le gouvernement entend développer un système d’information sur la pauvreté organisé autour : (i) du choix d’un certain nombre d’objectifs d’analyse de la pauvreté ; (ii) d’une batterie d’indicateurs permettant de mener ces analyses de façon régulière (iii) et d’une série d’opérations de collecte permettant de produire ces indicateurs. La production de ces divers indicateurs nécessite la réalisation d’une gamme variée d’opérations statistiques. Dans cette perspective, un programme statistique minimum (PSM) a été adopté par le Conseil National de la Statistique en mai 2001. En plus de ce programme, des enquêtes ciblées seront organisées dans des domaines spécifiques et un accent particulier sera par ailleurs mis sur l’exploitation des sources administratives. Pour la période 2003-2008, les autorités entendent mener les opérations suivantes déjà retenues dans le PSM. Il s’agit du 3ème Recensement général de la population et l’habitat(RGPH), de l’enquête sur l’emploi, de l’enquête sur le secteur informel, de l’enquête sur la consommation et les conditions de vie des ménages, de l’enquête éducation, de la 3ème enquête démographique et de santé (EDS III), de l’enquête sur le cadre de vie à Yaoundé et à Douala, du 2ème tableau de bord social sur la situation de la femmes et des enfants (TBSII), de l’enquête sur le suivi des dépenses publiques dans les secteurs de l’éducation et de la santé (Public Expenditure Tracking Survey - PETS), et de l’enquête agricole. Les indicateurs produits seront diffusés à travers des canaux et supports diversifiés pour tenir compte des différentes catégories d’utilisateurs. En dehors des supports traditionnels de diffusion et publication des données statistiques (publications sur papier ou supports électroniques, séminaires, médias, etc.), les canaux suivants seront utilisés : (i) le Poverty Mapping, qui permettra la visualisation géographique de toutes les données sur la pauvreté et servira à la planification et le ciblage des actions de réduction de la pauvreté, (ii) le Réseau National de Réduction de la Pauvreté, cadre de dialogue et de concertation dans lequel va s’opérer le contrôle social de l’ensemble des actions de réduction de la pauvreté et (iii) le Système Général de Diffusion des Données (SGDD) qui bénéficie de l’assistance du FMI. Le « poverty mapping » est donc un outil de diffusion de l’information nécessaire à la lutte contre la pauvreté qui se justifie amplement par ses objectifs.
Objectif général Objectifs spécifiques
Le but principal de ce projet est de rassembler, traiter, analyser et mettre sur des supports cartes géographiques les informations sur les conditions de vie des populations. Les produits de cette activité constituent des éléments du dispositif de suivi/évaluation du programme de réduction de la pauvreté. Les données prioritaires à rassembler et à traiter dans le cadre de ce projet sont celles sur la population, la santé, l’éducation, l’emploi, l’habitat, les principales infrastructures de communication, les conditions de vie, etc. Il s’agira d’une collecte secondaire auprès des administrations qui sont en charge de ces différents domaines ou de l’utilisation des résultats des enquêtes. L’information rassemblée sera traitée dans le sens de sa mise sous forme de bases de données géo référencées. L’élaboration des bases de données occupe une place importante dans ce projet. Elle vise fondamentalement à mettre en place une base de données, accessible et disponible, en vue de l’élaboration des produits attendus. On lui assigne un objectif général et des objectifs spécifiques. Le projet permettra de mettre de manière permanente à la disposition des parties prenantes principales et secondaires des indicateurs adéquats utiles pour les besoins des programmes de réduction de la pauvreté, et à valoriser les données sur les conditions de vie produites sur l’ensemble du territoire national. Le caractère très pratique que l’outil peut avoir auprès des décideurs non avertis de la chose statistique semble évident. Plus qu’une batterie d’indicateurs, que plusieurs courbes ou plusieurs tableaux statistiques à comparer pour prendre une décision, une carte avec des couleurs différentes pour un même phénomène selon sa densité et par région permet d’un coup d’œil d’identifier la ou les régions où le phénomène concerné est plus sévère. L’objectif général est donc de généraliser l’utilisation de l’outil statistique pour aider à la prise des décisions par un public de plus en plus nombreux. Le projet « Poverty Mapping » est dans le dispositif de suivi/évaluation de la pauvreté au Cameroun, un instrument à la fois de planification, de suivi et d’évaluation. Comme objectifs spécifiques, le « poverty mapping » sera mis à profit pour :
Une carte de pauvreté montrant des régions avec des déficits importants en services sociaux de base est un instrument d’allocation de ressources dans la mesure où ces régions devraient bénéficier plus que les autres, d’affectation de nouvelles ressources. Eu égard aux différents produits attendus que l’on peut regrouper en deux grandes catégories que sont les produits thématiques et les produits de synthèse, il est envisagé d’utiliser les produits thématiques pour identifier la répartition spatiale de l’offre des infrastructures sociales de base, afin de procéder à l’affectation des ressources pour en construire de nouvelles. Cette affectation qui tiendra compte de la répartition équitable selon les besoins essentiels des populations est un acte de planification s’appuyant sur des cartes thématiques. La superposition d’une carte des infrastructures de transports (routes, chemins de fer, etc.) et d’une carte de la production vivrière est susceptible d’apporter un éclairage plus pratique sur les zones de forte production où les infrastructures de transport font défaut. On peut ainsi améliorer le diagnostic et le profil de pauvreté. En superposant également plusieurs cartes réalisées sur la base des indicateurs individuels de pauvreté ou sur les ménages (revenus, consommation, etc.), on est à même d’identifier les zones qui selon plusieurs critères différents concentrent plus de pauvres et méritent donc une attention particulière. Ces régions une fois identifiées constituent des zones cibles devant bénéficier des actions de réduction de la pauvreté. De par sa nature, la base de données est un instrument qui aide :i) à rassembler en un seul support l’essentiel des données utiles à un programme, ii) à confronter systématiquement les données existantes, en mettant en évidence les incohérences éventuelles, iii) à transformer les données en information pour les besoins de toutes les composantes d’un programme (sous-programmes, projet). Elle oblige les producteurs de données à se concerter, et à mettre en commun leurs ressources pour certaines opérations de collecte de données. Elle est donc en elle-même, l’un des sous-produits attendus du projet. En ce sens, le projet va contribuer au renforcement du système d’informations statistiques national. La Carte de pauvreté est un projet statistique qui contient un certain nombre d’activités bien précises et ordonnées à savoir : la préparation des données, l’élaboration des supports et la mise en relation des données et des supports. Une dernière activité du projet sera la dissémination des produits. Le projet ne réalise pas de collecte primaire de données, mais rassemble auprès des producteurs des éléments dont il a besoin et que ces derniers collectent régulièrement. Cependant, dans le cadre des statistiques de sources administratives, le projet non seulement s’assure de la régularité de la collecte auprès des sources primaires qui relèvent généralement des administrations et services extérieurs, mais peut apporter des appuis nécessaires pour permettre aux services centraux concernés et donc au projet de disposer à temps des données. Après cette phase de collecte, les données doivent être mises sous forme de bases de données géo référenciées, ce qui nécessite l’utilisation des codes géographiques nationaux. Les différents supports qui sous-tendent les produits attendus de la carte de pauvreté sont des fonds de carte géographiques. Ils seront élaborés avec des outils informatiques spécifiques et leur nombre dépendra des produits attendus. Au stade actuel, il est envisagé des résultats selon les découpages administratifs qui pourraient aller jusqu’au niveau des départements. Ainsi, les fonds de carte suivants sont prévus :
Leur élaboration nécessite une collaboration avec les responsables de la Direction de l’organisation du territoire (DOT) du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. Ils doivent également être confectionnés avec des outils flexibles permettant leur actualisation rapide dès qu’il y a des modifications au niveau de l’organisation administrative. Si la décentralisation adopte des régions avec des configurations géographiques différentes des provinces, des fonds de cartes sur ces nouvelles bases devraient être élaborés. Haut de page La mise ensemble des informations préalablement préparées sur des supports donnera différents produits. Deux types de produits sont attendus, notamment des produits de synthèse et des produits thématiques. Les produits thématiques concernent un domaine particulier dont les données sont reportées sur une carte en fonction de deux paramètres qui sont le niveau de désagrégation possible et le besoin de l’utilisateur. Ainsi, on pourrait élaborer une carte scolaire au niveau souhaité (département par exemple) avec les données de l’offre (sources administratives) et de la demande (sources enquêtes auprès des ménages). Les produits de synthèse sont ceux qui font intervenir sur une même carte des données de plusieurs domaines. Les produits thématiques seront surtout utilisés comme instrument de planification, alors que les produits de synthèse seront surtout des outils de suivi d’exécution et d’analyse d’impacts. 3.4 Dissémination des produits L’un des objectifs que l’on assigne à ce projet est d’améliorer de manière générale l’utilisation de l’outil statistique. La dissémination des produits sera prioritairement dirigée vers les responsables des services publics et des organismes qui ont la charge de préparer la prise de décision, afin qu’ils s’imprègnent de l’outil en même temps que des indicateurs qui les sous-tendent. Elle se fera par conséquent sous forme d’ateliers ou de séminaires auprès de ces derniers qui selon les cas pourraient être encouragés à disposer des équipements permettant de revisiter les principaux résultats périodiquement. Dans le cadre de ce projet, la formation et le recyclage du personnel seront intensifiés afin non seulement de donner plus de crédibilité aux produits statistiques attendus, mais également de pérenniser l’ensemble du dispositif. C’est pourquoi les actions de formation des responsables du projet et des utilisateurs occupent une place importante dans le budget. Les partenaires du projet se recrutent dans trois parties différentes, à savoir les fournisseurs de données, les utilisateurs des produits et les bailleurs de fonds. Les premiers besoins identifiés en données retiennent comme priorité, outre les données sur la pauvreté et les conditions de vie, les informations sur la population, la santé, l’éducation, l’habitat, l’emploi et les infrastructures routières. Les administrations ou organismes chargés de leur production seront les premiers partenaires du projet. Parmi les principaux utilisateurs, on peut citer le Comité Technique de Suivi des programmes économiques (CTS), le Réseau National de Réduction de la pauvreté (RNRP), le MINFIB, le MINEPAT, les ministères techniques chargés de la mise en œuvre de leur stratégie sectorielle et les bailleurs de fonds. Alors que les principaux fournisseurs de données seront en concertation régulière avec le projet, les principaux utilisateurs eux ne seront consultés que périodiquement. Dans le cadre du DSRP, les pouvoirs publics s’engagent à financer les opérations du programme statistique minimum à travers les ressources du budget de l’Etat, y compris une partie des ressources PPTE. La mobilisation des concours des partenaires au développement sera également entreprise. Le caractère pérenne des produits attendus dépend de la disponibilité de ces financements nécessaires. La Banque Mondiale dans le cadre de l’accord de crédit CMR 3359 du PPPCRP, volet « amélioration de l’information sur la pauvreté » prévoit de contribuer à la mise en place de la carte de pauvreté. De même, la coopération allemande à travers la GTZ manifeste sa volonté d’y contribuer. Un cadre de concertation dont cette note constitue le premier canevas sera formellement élaboré pour permettre aux différents partenaires d’apporter leur contribution à la bonne marche du projet et à sa pérennité. Le « poverty mapping » est une opération qui selon ses objectifs doit se construire pour devenir une activité pérenne afin de soutenir de manière permanente la prise de décision. Sa mise en place suppose des moyens spécifiques pour renforcer les capacités de l’INS pendant une période de trois ans qui correspond à une phase de mise en place. Le projet aura à sa tête un coordonnateur national et un responsable technique. Le coordonnateur national qui est le chef de l’INS coordonne comme l’indique sa fonction, les activités du projet dans le sens de :
Le responsable technique est chargé de la coordination technique et de la gestion de l’ensemble des activités du projet. Il coordonne les activités de trois autres cadres du projet s’occupant respectivement des bases de données, des fonds de cartes et de l’analyse des données sur cartes. Chaque partenaire dispose d’un correspondant chargé du suivi des activités du projet. Celui-ci centralise les informations sectorielles nécessaires pour le projet et assiste à leur retraitement dans le cadre des activités du projet. Comme personnel d’appui, le projet aura besoin d’une secrétaire, d’un agent de courrier, d’un chauffeur et de quelques agents temporaires recrutés périodiquement selon les besoins de collecte du moment. Eu égard à la multiplicité des partenaires et à l’appui que le projet pourrait être amené à apporter à certains d’entre eux pour les aider à centraliser leurs données à partir de leur service extérieur, un véhicule de liaison est nécessaire. S’agissant de l’équipement informatique, les images et les cartes étant très consommatrices d’espace, trois postes de travail complets (avec une imprimante couleur à très haute résolution) sont nécessaires pour commencer le projet. Parmi ces trois postes de travail, un portable est de nature à faciliter les échanges de gros fichiers et de cartes entre le projet et les partenaires. Des logiciels appropriés pour l’élaboration et la gestion des bases de données et des cartes sont également à acquérir dans des versions pouvant être régulièrement mises à jour. Les autres besoins en logistique se composent de matériels et fournitures consommables et des pièces de rechange pour entretien des équipements informatiques et de transports. Pour les trois premières années, l’estimation ci-après du budget a pris en compte les besoins en logistique, en assistance technique, en formation et en personnel. Les estimations tiennent également compte du démarrage tardif des activités en 2003 (six mois sur douze).
Le « poverty mapping » est comme on a pu le constater tout au long de la présentation de cette note, beaucoup plus un outil de dissémination qu’un produit statistique véritablement nouveau. Son rôle essentiel est de mettre en forme les données en vue de les diffuser sur le support carte géographique. Les seules contraintes qui se pointent rapidement à l’horizon concernent la disponibilité des informations pour assurer le suivi des domaines précis sans discontinuité. Les informations disponibles poseront également un problème de niveau de désagrégation. Les données d’enquête pour des raisons de coût sont généralement valables au niveau national et au meilleur des cas, au niveau provincial. Il va donc falloir pour élaborer cet outil, bien s’approprier les données du recensement, combiner celles-ci avec les données d’enquête et améliorer sur les plans quantitatif et qualitatif, les statistiques administratives. Au regard de ces contraintes, les risques envisagés sont liés à la disponibilité des financements nécessaires pour produire régulièrement les informations primaires, améliorer les statistiques de source administrative et assurer le bon fonctionnement du projet./- |