Précédent
Inflation et pauvreté au Cameroun en 2006

L’Institut vous présente la note d’étude sur l’évolution des prix à la consommation finale des ménages au cours de la période 2000 – 2005, en se focalisant sur les prix des produits vivriers et les prix des carburants. De cette note, il se dégage que l’année 2005 marque le retour de l’inflation, avec une hausse du niveau général de prix de 2%, alors que l’augmentation des prix était restée inférieure à l’unité au cours de la période 2002-2004. Cependant, cette période de relative stabilité des prix faisait suite à deux années d’augmentation régulière +2,8 % en 2000 et + 4,5 en 2001. Globalement, au cours des 5 dernières années, les prix ont augmenté de 10,5%.

Les conséquences de cette hausse du niveau général des prix sur les conditions de vie des ménages camerounais sont évidemment néfastes ; surtout dans un contexte marqué par la stabilité des rémunérations, voire même leur diminution pour les populations les plus démunies. L’enquête sur la consommation et les conditions de vie des ménages réalisée en 2001[1] a montré une incidence de la pauvreté plus forte en milieu rural, notamment parmi les exploitants agricoles dont 57% vivent au dessous du seuil de pauvreté contre une moyenne nationale de 40,2%. Ces exploitants agricoles, faut-il le rappeler,  tirent plus de la moitié de leurs revenus de l’agriculture vivrière. Or, au cours de la période 2000-2005, les prix de produits vivriers ont augmenté de 7,7%, moins vite que l’inflation qui s’est accrue de 10,5% au cours de la même période. Par ailleurs, depuis 2002 leur prix décroît régulièrement, alors que dans le même temps les prix des carburants, qui constituent une composante importante dans la détermination des prix des produits vivriers, ont sans cesse augmenté.

A l’origine de cette situation, les répercussions de la forte flambée des cours mondiaux de l’or noir sur les prix à la pompe. Globalement, depuis 2000 le prix du pétrole a augmenté de 54,3%, de 32% pour le gasoil, de 17,6% pour le super et de 37% pour le gaz domestique. En 2005, on a assisté à une nouvelle flambée des cours de l’or noir. L’ajustement conséquent des prix à la pompe s’est traduit par une hausse des prix du pétrole de 16,7%, du gasoil de 14,5%, du super de 9,8% et du gaz domestique de 3,8%.

La note est divisée en trois sections. La première section est destinée à l’étude de l’indice général des prix par fonction de consommation, en vue d’identifier les déterminants de l’inflation. La seconde s’intéresse plus précisément à l’étude de l’évolution des prix des produits vivriers et des prix des hydrocarbures. La troisième conclut sur les éventuelles conséquences des évolutions constatées sur les conditions de vie des ménages, et notamment des ménages pauvres.

En savoir plus voir

[1] Il s’agit de la deuxième enquête camerounaise auprès des ménages (ECAM II) réalisée en 2001 ; la première ayant été réalisée en 1996.

 

Haut de page